La Febetra et TLV craignent pour le futur du secteur belge du transport

Pour la quatrième fois, la Febetra et Transport en Logistiek Vlaanderen ont tenu le 23 janvier, leur réception de Nouvel an commune.

L’importance du secteur du transport et de la logistique belge est trop souvent sous-estimée dans notre économie. Ce secteur fournit, en effet, pas moins de 250.000 emplois directs dans notre pays et représente 10% du PIB si l’on inclut les jobs indirects.

Néanmoins, l’industrie du transport belge doit faire face à une série de menaces et les deux présidents ont demandé, en présence du Secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Énergie, à la Mobilité et aux Réformes institutionnelles, Melchior Wathelet, de s’associer à leurs organisations pour soutenir la pérennité du secteur.

Willy Van Loon, le président de la Febetra, a référé aux coûts en constante augmentation, d’une part et d’autre part, à la pression vers le bas exercée sur les prix de transport. En 2011, le prix de revient a augmenté de presque 4,5% en transport national général et tout indique que le prix du diesel continuera à augmenter en 2012. En outre, une indexation salariale de pas moins de 3,20% a été appliquée le 1er janvier 2012. Bien que ce ne soit pas du tout évident, il a demandé aux transporteurs de ne pas baisser leurs tarifs sous la pression de leurs clients. Les deux organisations estiment également nécessaire d’entamer un dialogue avec les pouvoirs publics quant à une série de pistes de réflexion pour s’attaquer au coût salarial faramineux du secteur. L’on songe ici e.a. à une diminution du précompte mobilier sur les heures non-productives.

L’internalisation des coûts externes au transport routier a été décidée par l’Europe et menace de trouver son application dans la taxe kilométrique que les Régions souhaitent introduire. Rudy Maes, le président de TLV, a demandé de ne pas perdre de vue l’importance de la logistique et du transport pour notre économie belge. Il a, en outre, exigé que l’Europe introduise également l’internalisation des coûts externes pour les autres modes de transport.

A l’heure actuelle, l’Europe se penche aussi sur la révision de la directive « taxation de l’énergie ». Dans la proposition actuelle, l’on ne retrouve plus trace du diesel professionnel. Ce diesel professionnel, pour lequel le secteur a dû durement lutter, permet néanmoins aux entreprises belges de garder un tant soit peu la tête hors de l’eau. Pour le surplus, on ne peut pas perdre de vue qu’il n’existe pas de carburant alternatif qui pourrait être utilisé à grande échelle. Les transporteurs veulent bien, mais ne peuvent point pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas d’alternative.

Les deux organisations ont encore insisté pour que l’on trouve une solution pour des dossiers qui traînent depuis quelques années: un assouplissement de l’interdiction de dépasser, une adaptation du système bonus-malus pour le contrôle technique mais surtout la concurrence déloyale des tracteurs agricoles, qui sont utilisés e.a. pour effectuer des travaux routiers, mais qui continuent à bénéficier de toute une série d’avantages tels que le diesel rouge, pas de temps de conduite et de repos, pas de contrôle technique périodique, pas d’eurovignette, etc. En 2011, une solution a été développée en collaboration avec le SPF Mobilité et Transports et le secteur agricole. Le secteur demande, dès lors, avec insistance au Secrétaire d’État pour que cette proposition soit traduite en textes légaux aussi vite que possible.

Le projet-pilote concernant les écocombis qui a déjà été converti dans de plus en plus de pays en test pratique, demeure encore toujours lettre morte. La Febetra et TLV craignent que la Belgique loupe le coche si nos pouvoirs publics continuent à tergiverser. Le secteur croit que la logistique et le transport constituent des atouts importants pour notre pays. Sans innovation et soutien des pouvoirs publics, notre pays ne pourra plus poursuivre son développement en tant que plate-forme logistique.

Print This Post