Le secteur des transports met tout en œuvre afin d’éviter les rayons vides dans les magasins.

BRUXELLES 21/10/2021 – Les organisations patronales et syndicales du secteur des transports ont conclu un nouveau protocole d’accord. Il couvre plusieurs mesures qui rendent le travail dans ce secteur – et surtout le salaire – plus attractif. Il s’agit d’une première étape pour lutter contre la pénurie de conducteurs qui ne cesse de s’aggraver. En outre, un engagement commun a été pris visant à améliorer les conditions de travail des chauffeurs routiers. L’objectif est de lutter contre les prix planchers que les clients acceptent de payer aujourd’hui, et contre la façon souvent déplorable dont les chauffeurs sont accueillis sur les sites de chargement et de déchargement.

Ce nouvel accord marque les premiers pas de l’effort visant à rendre le secteur plus attractif. Cetteévolution est particulièrement nécessaire alors que la pénurie de chauffeurs est plus aiguë que jamais et qu’elle se traduit de plus en plus par des rayons vides, par exemple dans le commerce de détail. L’accord porte sur trois axes: les salaires dans le secteur, les prix beaucoup trop bas que les clients veulent bien payer pour le transport aujourd’hui et les conditions de travail, en particulier pour les chauffeurs.

Afin d’augmenter les salaires, il a été décidé d’appliquer l’augmentation maximale autorisée des salaires réels à savoir 0,4%. En outre, tous les travailleurs du secteur recevront un chèque-cadeau d’une valeur de 40 euros et tous ceux qui ont travaillé 175 jours entre le 1er mars 2020 et le 31 mai 2021 bénéficieront d’une prime coronavirus de 250 euros.

Parallèlement, une importante nouvelle classification des emplois a été approuvée. Elle entrera envigueur à partir du 1er janvier 2023. Actuellement, les barèmes salariaux sont déterminés par le poids du véhicule conduit par le chauffeur. À l’avenir, il sera davantage tenu compte de la description de la fonction réelle. Celui ou celle qui, par exemple, prend la route avec des produits dangereux doit souvent suivre une formation supplémentaire, sans pour autant gagner davantage. Cette situation est amenée à changer dans un futur proche.

Le secteur des transports a un grand besoin de nouveaux chauffeurs, mais ne peut offrir que des salaires peu attractifs. En réactivant dans cet accord les discussions sur l’introduction d’une nouvelle classification professionnelle pour les chauffeurs, c’est un petit pas dans la bonne direction qui a été accompli”, déclare Koen Ryckenboer, responsable général Transport et Logistique chez CSC[1]Transcom.

Un important élément de l’accord se situe dans l’engagement conjoint des travailleurs et des employeurs à lutter contre les prix planchers dans le secteur des transports. Les fédérations des employeurs soutiendront activement la défense d’un secteur du transport équitable dans lequel des salaires en phase avec le marché et des prix corrects seront payés. “La course vers le bas avec une constante pression sur les prix et les salaires doit cesser”, déclare Tom Peeters de la FGTB-UBT/BTB[1]ABVV. “Avec les employeurs, nous devons veiller à ce que les prix corrects du transport soient payés.  Et ainsi permettre tant aux employeurs qu’aux travailleurs de gagner correctement leur vie.

Les employeurs soutiennent également la demande pour des parkings sûrs et confortables et l’accueil des chauffeurs sur les sites de chargement et de déchargement. “Bien trop souvent, nous constatons que les chauffeurs sont traités comme ‘la lie de la rue’ aux points de chargement et de déchargement des clients”, juge Bruno Velghe de l’UPTR. “L’accès aux sanitaires leur est refusé. Ou alors, ils sont sales. Et au guichet (surtout au port), il faut attendre, et attendre, et attendre,…

C’était particulièrement difficile pour les chauffeurs pendant la crise sanitaire. Vivre dans son camion n’est déjà pas facile”, déclare Tom Peeters de la FGTB-UBT/BTB-ABVV. “Nous sommes très heureux du soutien des employeurs à cette initiative.” La nature exacte des mesures à prendre doit encore être déterminée. On note aussi une demande plus forte que jamais pour des parkings plus nombreux et mieux équipés le long des autoroutes. “La situation actuelle est indigne d’un pays de transit comme le nôtre”, ajoute Tom Peeters.

Il s’agit d’un accord équilibré grâce auquel nous voulons rendre au secteur une image positive”, déclare Evy Van Der Paelt, cheffe du département sociojuridique chez Transport & Logistiek Vlaanderen. “Il offre en outre des perspectives aux chauffeurs d’aujourd’hui et de demain.”

La crise sanitaire a montré une fois de plus l’importance du rôle du chauffeur routier dans notre société et dans notre économie”, déclare Isabelle De Maegt, porte-parole de Febetra. “Avec cet accord, nous ne voulons pas seulement clamer notre appréciation en tant que secteur, mais aussi encourager les pouvoirs publics, la population et les clients du secteur du transport à montrer davantage d’appréciation envers les chauffeurs routiers.”

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