Le secteur Transport & Logistique n’a pas les moyens d’offrir des primes !

En ces heures inhabituelles et déjà particulièrement difficiles pour tous, les fédérations du secteur Transport & Logistique se sont retrouvées, pas plus tard que la semaine dernière, confrontées à la demande des syndicats d’accorder une prime ou une indemnité supplémentaire à tous les travailleurs encore actifs du secteur, afin de récompenser leur dévouement.

Il ne fait évidemment aucun doute que les fédérations et les employeurs du secteur savent reconnaitre les mérites de ceux et celles qui travaillent tous les jours tant à remplir les rayons des grandes surfaces, qu’à approvisionner les hôpitaux et les pharmacies ou à faire tourner la chaîne logistique pour permettre à notre économie de ne pas totalement sombrer.

Il n’en demeure pas moins que les entreprises sont confrontées à des volumes en chute libre …
Ainsi, à l’heure où les citoyens remplissaient leurs frigos et armoire de réserves alimentaires et autres, les transporteurs subissaient déjà une baisse globale de 30 % du trafic de fret.

Cette diminution impressionnante, confirmée par Viapass, est la conséquence directe de la mise à l’arrêt de nombreux secteurs d’activité et de la fermeture de la plupart des magasins.

De surcroît, ces chiffres, déjà dramatiques, cachent une autre réalité : de nombreux camions ne roulent pas à leur capacité maximale ! Ils roulent donc souvent à vide ou à perte et ce, pour satisfaire les clients restants (que les transporteurs ne peuvent évidemment pas se permettre de perdre).

A cela s’ajoute le fait que les employeurs doivent évidemment veiller, autant que faire se peut, à ce que les règles de distanciation sociale soient respectées. Ils doivent donc également prendre des mesures de sécurité supplémentaires et organiser le télétravail de certains collaborateurs. A ces frais directs, s’ajoutent un taux d’absentéisme record, le salaire garanti à payer aux nombreux malades, les heures supplémentaires de ceux qui continuent de travailler, etc.

Dans ces circonstances, espérer atteindre un seuil de rentabilité est tout simplement illusoire. Il l’est d’autant plus que le secteur transport et logistique a été oublié des mesures de soutien (du fait qu’il n’a pas été obligé de cesser ses activités). Le secteur n’a, par contre, pas oublié de prendre ses responsabilités !

Personne ne peut sérieusement s’étonner du fait que les trois fédérations aient dû répondre négativement à la sollicitation des syndicats.

En effet, par rapport à la situation des innombrables travailleurs qui ont dû cesser toute activité et pour lesquels les autorités publiques ont dû prendre des mesures d’aide, il apparaît inconcevable d’imposer aux employeurs le payement de lourdes primes ou indemnités pour les seuls travailleurs en activité.

Les entreprises du secteur Transport & Logistique ne sont tout simplement pas en capacité financière de supporter ces nouvelles charges.

Pour les fédérations, la première préoccupation et le premier enjeu de solidarité se situent au niveau du soutien à apporter aux entrepreneurs et aux entreprises qui ont dû partiellement ou totalement arrêter leurs activités.

La FGTB-Ubt et la CSC-Transcom ont déposé un préavis de grève peu avant de réclamer la tenue d’une réunion de concertation. Cette dernière s’est tenue ce lundi 6 avril, après que les fédérations aient rapidement pu prendre le pouls de leurs membres. De ces consultations est rapidement ressorti que la crise du coronavirus frappe à ce point durement le secteur transport et logistique que tous les employeurs n’ont actuellement qu’un unique espoir : pouvoir sortir la tête de l’eau ! Ni plus, ni moins …

Si les employeurs du secteur ne sont pas en capacité financière de récompenser les efforts que consentent les travailleurs encore en activité avec des gratifications, les fédérations de leur côté n’ont pas non plus réussi à convaincre les syndicats de lever leur préavis de grève.

Afin d’offrir aux entreprises de transport et de logistique l’oxygène dont elles auraient besoin à court, moyen et long terme, et ainsi pérenniser leurs activités en Belgique, les fédérations rappellent aux autorités fédérales et régionales qu’une série de mesures de soutien se font encore et toujours attendre.

Parmi celles-ci figurent en premier lieu, l’exonération des cotisations sociales ONSS et du précompte professionnel sur les heures d’attente du personnel roulant. Une mesure dont les effets se traduisent aussi immédiatement par une augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs.

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