L’édito du directeur

DE SOMBRES NUAGES PLANENT SUR LE SECTEUR

La période des conclaves budgétaires est de retour. Compte tenu de la situation financière précaire tant du gouvernement fédéral que des régions, le secteur des transports doit rester vigilant.

Au niveau fédéral, la question du diesel professionnel refait surface. Dans ses « Options politiques pour l’élaboration du budget 2027 », le Bureau fédéral du Plan propose, comme mesure budgétaire possible, une forte réduction, voire la suppression des « subventions » accordées aux combustibles fossiles. Une proposition qui frapperait de plein fouet le secteur des transports.

En Wallonie également, deux mesures qui ont été mises sur la table, inquiètent fortement le secteur : une extension considérable du réseau routier soumis à la redevance kilométrique et l’intégration d’une composante CO₂ dans les tarifs. Concernant cette première mesure, nous serons brefs : celui qui impose des charges supplémentaires à ses propres entreprises et à ses habitants doit tout de même se demander quel objectif il compte précisément atteindre ainsi. Les excellences wallonnes ne se rendent-elles vraiment pas compte que les transporteurs belges utilisent le réseau routier secondaire de manière bien plus intensive que leurs homologues étrangers ? Une extension du réseau routier affecte donc en premier lieu l’économie locale. Quant à la composante CO₂, elle n’est rien d’autre qu’une nouvelle taxe, déguisée en mesure environnementale.

Même sans charges supplémentaires, le secteur s’apprête à traverser une période difficile. Avec une inflation avoisinant les 4 % et les indexations qui en découlent, les coûts vont continuer à augmenter, les salaires constituant le principal coût d’une entreprise de transport.

Les entreprises de transport souffrent déjà aujourd’hui de l’incertitude économique, des tensions géopolitiques, de la hausse des coûts et des prix élevés du carburant. Leur imposer des charges supplémentaires revient à jouer avec le feu. Quiconque accentue la pression sur le secteur des transports met non seulement les entreprises en danger, mais aussi, à terme, l’économie tout entière. Car, en fin de compte, la hausse des coûts de transport se répercute tôt ou tard sur les prix des biens et des services.

Les nuages budgétaires sont sombres. Espérons que cela reste une simple menace et que la tempête ne s’abatte pas sur le secteur des transports.

Philippe DEGRAEF

Directeur Febetra

febetra