Le 1er juillet 2026, les tarifs de la taxe kilométrique pour le transport de marchandises augmenteront simultanément en Flandre, en Wallonie, dans la Région de Bruxelles-Capitale et aux Pays-Bas. La Febetra, la fédération du transport professionnel de marchandises en Belgique, avertit que l’impact cumulatif sur un secteur déjà soumis à de fortes pressions aura inévitablement deux conséquences : une nouvelle vague de faillites et des prix plus élevés pour tout ce qui est produit, déplacé ou vendu.
La hausse des coûts en chiffres
Pour un transporteur actif à la fois en Belgique et aux Pays-Bas, le surcoût de péage atteint environ 12 000 euros par camion et par an. Une entreprise disposant de vingt camions paiera en moyenne quelque 240 000 euros de plus par rapport à l’année passée. Pour celui qui ne circule qu’en Belgique, la facture augmente d’environ 3 000 euros par véhicule. Cela s’ajoute à une hausse générale des coûts de 6,15 % déjà enregistrée par l’ITLB pour juin 2026 par rapport à l’année précédente.
La mesure la plus lourde est introduite en Flandre. La taxe kilométrique se voit dotée d’une composante CO₂ avec cinq classes d’émissions. Au moment de son introduction, 93 % des camions tombent d’emblée dans la classe la plus onéreuse, car les alternatives zéro émission sont soit inabordables soit indisponibles, et l’infrastructure de recharge le long des autoroutes belges est largement inexistante. Ce qui a été présenté comme une taxation différenciée constitue en pratique une augmentation générale des tarifs de 40 % pour presque l’ensemble du secteur. Les recettes, estimées à 250 millions d’euros par an, sont intégralement versées au budget général.
En Wallonie, deux hausses interviennent en six mois : 1,91 % au 1er janvier et 5,7 % au 1er juillet. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les tarifs sont indexés au 1er juillet. Les Pays-Bas passent ce même jour de l’eurovignette à une taxe kilométrique, ce qui représente en fin de compte une hausse de prix moyenne de 5 %. Pour ceux qui franchissent la frontière, il faut de surcroît disposer d’un ordinateur de bord différent de la boîte noire belge, ce qui engendre également des coûts supplémentaires.
Un secteur sans marges
L’année dernière, 413 entreprises de transport belges ont fait faillite, soit un tiers de plus que l’année précédente. Les transporteurs belges supportent des coûts salariaux jusqu’à 40 % plus élevés que leurs concurrents d’Europe de l’Est. La marge pour absorber de nouvelles charges n’existe plus, surtout pour les plus petites entreprises.
Les coûts de transport sont intégrés dans le prix de presque tout. La hausse des coûts de péage se répercute sur ce que les entreprises paient pour l’approvisionnement en matières premières et la distribution de leurs produits, et en fin de compte sur ce que les consommateurs paient en magasin. Cette répercussion n’est pas un choix, mais une nécessité arithmétique.
La Febetra demande au gouvernement flamand d’affecter au moins les recettes de la composante CO₂ à la transition du secteur : soutien à l’achat de camions zéro émission et investissements dans l’infrastructure de recharge et d’avitaillement. Une taxe climatique qui ne finance pas son propre objectif manque de toute crédibilité.